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	<title>Echos du Togo</title>
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	<description>Comptes-rendus de lectures</description>
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		<title>La Fête des masques</title>
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		<pubDate>Sun, 23 Aug 2009 19:38:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kanyinef</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[
Sami TCHAK
Paris : Gallimard, 2004
ISBN : 2-07-077038-9 – 105 pages
Carlos, le protagoniste, personnage androgyne à la sexualité ambiguë, vit avec son père, sa mère et sa sœur Carla. Le père, jouant au tout puissant mais incapable de subvenir aux besoins de sa famille, décharge sa frustration sur son jeune garçon qu’il trouve efféminé et sur sa femme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-510" title="Fete" src="http://echosdutogo.haverford.edu/wp-content/uploads/2009/08/Fete.gif" alt="Fete" width="100" height="149" /></p>
<p>Sami TCHAK<br />
Paris : Gallimard, 2004<br />
ISBN : 2-07-077038-9 – 105 pages</p>
<p>Carlos, le protagoniste, personnage androgyne à la sexualité ambiguë, vit avec son père, sa mère et sa sœur Carla. Le père, jouant au tout puissant mais incapable de subvenir aux besoins de sa famille, décharge sa frustration sur son jeune garçon qu’il trouve efféminé et sur sa femme qu’il n’hésite pas à rosser quand bon lui semble, d’autant mieux que ces raclées fréquentes ne sont qu’expression de la relation sado-masochiste qui lie ce couple. Quant à Carla, le père ne peut que se soumettre à son autorité puisque c’est elle qui nourrit la famille en vendant ses charmes dans les hautes sphères politiques du pays dédaigneusement nommé « Ce qui nous sert de pays ». Voici ce que dit Carlos de sa sœur : « Ma sœur Carla, beauté. Tout tombait devant elle, les voitures s’arrêtaient… Et tous ces hommes, qui ont le pouvoir de l’argent, de l’arme et de la Constitution, tous ces hommes qui s’arrêtent, prêts à lui servir d’échelle. Elle les toise, Carla, reine installée confortablement sur le trône de sa beauté, de sa jeunesse, consciente de sa toute-puissance. » (44-45).</p>
<p>Il n’est donc pas surprenant que le jeune Carlos s’identifie plutôt à sa sœur (à noter aussi que son prénom lui-même n’est que la version masculine de celui de sa sœur), veut vivre comme elle, aimer les hommes qu’elle aime et lui ravir sa puissance, dans une sorte de complexe d’Œdipe distordu. L’occasion se présente pour Carlos lorsque Carla, ayant besoin d’une amie pour l’accompagner à une réception du Président du pays, transforme son frère en jeune fille, au vu et au su de leurs parents et pour tout le grand bonheur du garçon. A la réception, il séduit le Capitaine Gustavo, homme puissant du régime, chargé de la répression politique. Mais, au moment de passer à l’acte, Carla les surprend et s’offre elle-même à Gustavo au grand désespoir de Carlos. Le Capitaine avait-il été dupe ? Tout laisse croire que non : ce bourreau est un intellectuel qui a rédigé une thèse sur <em>Mémoires d&#8217;Hadrien</em> de Marguerite Yourcenar. L’empereur romain, on le sait, a entretenu des relations homosexuelles avec Antinoüs…</p>
<p>C’est de ce jour que date la misogynie de Carlos qui s’est promis de tuer sa sœur. A défaut de cela, il tuera, dans un pays étranger – comment est-il arrivé là, c’est ce qu’on ne sait pas – anonyme, Alberta, une femme rencontrée sur la plage la veille. Rendant visite à Alberta comme convenu le lendemain de leur rencontre, il croise un beau jeune homme, Antonio, et qui n’est que le fils d’Alberta— ce qu’il ne sait pas encore—et à qui il offre un billet de cent dollars. Une fois chez Alberta, celle-ci lui raconte ses difficiles relations aux hommes et exprime son désir de se marier. En fait, elle pense avoir trouvé le conjoint idéal en Carlos. Ils écoutent de la musique et Carlos remarque qu’Alberta a une belle collection de livres d’auteurs gays. Est-elle lesbienne ? Après avoir fait l’amour, Carlos offre de l’argent à Alberta qui s’en offusque et lui dit : « Non pas ça ! Vous ne m’avez rien fait ! », ce que Carlos interprète mal, comme une variante de cette phrase que son père lui lançait pour l’humilier et qui a installé en lui un complexe qu’il nourrit depuis l’enfance : « Et puis, ce truc minuscule, hein ? … [A]vec ça, tu peux passer à travers le chas d’une aiguille ! Alors, dans la boue tiède d’une femme, tu te perdras dans l’océan ! Pauvre Carlos ! Tu as dû te présenter à Dieu au moment où il ne lui restait plus de pâte à faire des queues, hi ho ha ! » (50). Cette crise de masculinité est fatale pour Alberta. Carlos l’étrangle comme pour se prouver à lui même qu’il est homme, un peu comme son père maltraitant sa mère. Tchak suggère de nouveau un certain lien entre violence et sexualité : « Il frappa encore et encore [le cadavre]. Soudain, son sexe se dressa, plus raide que jamais… Et c’est alors qu’il se produisit un miracle : après cet acte, Carlos se sentit heureux, très heureux. » (30-31)</p>
<p>C’est en fait par cette brève relation tragique que commence le récit. Carlos est encore chez Alberta, méditant un suicide lorsque Antonio, le fils d’Alberta, rentre des ses randonnées quotidiennes en ville. Le récit, commencé à troisième personne, est alors entrecoupé par les interventions de Carlos qui raconte sa vie sexuelle à Antonio, non pour se disculper mais pour expliquer, faire comprendre son acte, ce qu’il semble avoir réussi. Antonio ne lui en veut pas trop. Ils vont aller jusqu’à s’aimer—Antonio se confond-il dans l’esprit de Carlos avec Antinoüs ? (55-56) – même si, de commun accord, ils décident de la mort de Carlos. Alberto le tue à la machette après que les deux se sont débarrassés du corps d’Alberta dans la lagune qui engloutira aussi celui de Carlos.</p>
<p>Dans ce quatrième roman couronné par le Grand Prix Littéraire de l’Afrique Noire en 2004, Sami Tchak renoue avec l’écriture qui le distingue désormais de ses pairs africains. L’épurement, voire l’abandon du référent africain se fait plus volontaire (le roman se passe dans un pays vague, ‘Ce qui nous sert de pays’, et dont la capitale est Colon ; ses personnages portent des noms plutôt hispaniques) et les thèmes de la violence et de la sexualité sont repris dans ce texte qui, par un jeu intertextuel qui ne se cache pas, désigne ses affinités textuelles – l’adjectif est pris ici dans son sens le plus large possible – englobant aussi bien textes musicaux que littéraires : Thomas Mann, Boy Georges, Jean Genet, André Gide, Marguerite Yourcenar Marcel Proust … et Catherine Lara, dont la chanson « La fête des masques » prête son titre roman.</p>
<p>Si Tchak étudie sur les rapports entre sexualité conventionnelle et domination politique, économique ou affective, il nous invite aussi à explorer les sexualités  alternatives (homosexualité, sadisme, masochisme) à travers le récit de Carlos.</p>
<p>Célébrer les identités sexuelles alternatives comme le fait Tchak, non seulement à travers Carlos mais aussi à travers ces intertextes est tout à fait original dans le champ littéraire africain francophone, même si l’explication de la sexualité ‘déviante’ de Carlos est un peu orthodoxe (identification avec la mère et la sœur, père fanfaron mais castré). Traduite dans la sphère politique, cette « fête » est pour le moins problématique. Tchak semble proposer que la relation homosexuelle potentielle entre Carlos et les hommes politiques du pays (non seulement avec le Capitaine Gustavo mais aussi avec le Guide Suprême de la Nation), n’a pas abouti simplement parce que ceux-ci n’avaient pas eu le courage d’être grands comme Hadrien : ils n’ont accepté ni de jeter le masque de leurs désirs secrets ni pu bâtir leur nation. Aucun d’eux ne veut imiter Hadrien, et faire de Carlos Antinoüs.</p>
<p>Faire l’apologie donc d’identités sexuelles alternatives est une chose. Mais faire le procès d’une Nation à travers l’échec d’une relation homosexuelle en est tout une autre. Ceci dit, ce court roman de Tchak—un peu elliptique par endroits—est d’une fraîcheur indéniable au sein des lettres francophones africaines.</p>
<p>Koffi Anyinefa – Août 2009</p>
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		<title>Les Germes étouffés</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Jul 2009 16:54:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kanyinef</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[
Esso-Wêdéo AGBA
Lomé : Graines de Pensées / Abidjan : Les Editions Eburnies, 2005
ISBN : 2-916101-01-2 – 315 pages
Dès le début de ce roman, le lecteur apprend que Sim Massiki est mort, on ne sait trop de quoi. Les spéculations vont bon train : on ne meurt pas de mort naturelle à Nalda, son village natal situé dans une région [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-502" title="agba-germes" src="http://echosdutogo.haverford.edu/wp-content/uploads/2009/07/agba-germes.jpg" alt="agba-germes" width="100" height="120" /></p>
<p>Esso-Wêdéo AGBA<br />
Lomé : Graines de Pensées / Abidjan : Les Editions Eburnies, 2005<br />
ISBN : 2-916101-01-2 – 315 pages</p>
<p>Dès le début de ce roman, le lecteur apprend que Sim Massiki est mort, on ne sait trop de quoi. Les spéculations vont bon train : on ne meurt pas de mort naturelle à Nalda, son village natal situé dans une région montagneuse au Nord d’un pays africain fictif. Les villageois sont convaincus que c’est sa femme, Sika, d’une ethnie du sud du pays, qui l’a tué pour se venger de l’échec de leur mariage. Ils en ont eu la preuve lors des funérailles de Sim lorsqu’un qu’une luciole s’est posée sur Sika. D’autres par contre, et parmi eux le(s) narrateur(s), sont d’avis qu’il est mort d’une « grève de la réflexion », ayant tout simplement décidé « un jour d’arrêter de réfléchir, de penser, d’idéaliser » (17), dégoûté par le régime de pensée unique imposé par le pouvoir politique.</p>
<p>Ce roman serait « l’histoire de Sim », racontée par Fred, l’un de ses rares amis, à l’auteur qui se charge de nous la présenter, déclare celui-ci dans un petit texte préfacier en italique (16). Mais en réalité, dans sa plus grande partie, on ne peut pas vraiment dire que ce texte parle de Sim. S’il le fait, ce n’est que très obliquement. La ‘grève de réflexion’ que le narrateur pose comme la raison véritable de sa mort n’est que suggérée à travers le discours du narrateur (et de quelques autres personnages de son bord) sans qu’il ne lui soit donné une quelconque substance. Ceci n’est pas à l’avantage du roman qui abandonne vite Sim pour ne revenir véritablement à lui que dans les trois derniers chapitres du livre consacrés à son adolescence (formation primaire et secondaire). Le gros du roman aborde des questions plutôt d’ordre général. Traditions sclérosées, atavisme, esprit grégaire, antagonismes ethniques, militarisme, autocratie, culte de la personnalité, népotisme, etc… expliquent bien sans doute les pesanteurs déterminant le cadre de vie de Sim, pesanteurs qui ont étouffé les germes—c’est peut-être la signification du titre du roman—d’un avenir meilleur que portait en lui cet intellectuel brillant et intègre. Et le narrateur n’y va pas de main morte pour les condamner : « Ici, comme je vous l’affirme, la lutte des classes est déloyale parce que dès le départ les dés sont pipés. La distribution des cartes repose sur des critères bizarres. Celui qui est parvenu au sommet ne s’est pas appuyé sur ses valeurs intrinsèques, sur une compétition saine. Sa réussite s’est faite en dehors de lui, oserait-on dire ! Il la doit au clan, à la famille, à l’amitié ou pire, au fait du Prince. » (136)</p>
<p>Mais justement toute cette critique acerbe des structures socio-politiques du pays de Sim est trop discursive, théorique. On se demande souvent, à lire Agba, si on est bien dans le genre romanesque. Au lieu de faire agir les personnages pour supporter les idées proposées, on assiste le plus souvent à de longs développements du narrateur. J’aurais personnellement aimé le voir montrer Sim en situation, montrer comment il a mené sa grève de la réflexion.</p>
<p>Evidemment, on pourrait penser que l’effacement flagrant du Sim adulte est commensurable au poids des structures socio-politiques décriées et symbolique de l’écrasement de l’individu, de sa subjectivité. Mais cette lecture serait trop généreuse, surtout que le texte lui-même s’efforce peu à mettre en place les éléments susceptibles de faire aboutir à une telle lecture.</p>
<p>Ce texte est beaucoup plus proche de l’essai que du roman. La narration est trop portée sur le discours du narrateur (dans ce roman de 315 pages, les dialogues sont plutôt rares !) et, de façon très symbolique, l’auteur et le narrateur semblent être la même personne, comme on peut s’en rendre compte dans le texte préfacier signé par l’auteur, assumant ainsi cette voix narrative à la première personne.  C’est donc ici la voix de l’auteur qui domine le récit même si celui-ci est théoriquement attribué à Fred, l’ami de Sim. Et cette voix s’entend très bien à travers les citations de la Bible, l’étalage quelque peu pédant d’une certaine culture philosophique et littéraire.</p>
<p>Ceci dit, le roman d’Agba est un véritable plaidoyer pour une approche moderne de la vie, tout en insistant sur l’importance de l’école et l’épanouissement de l’individu au sein d’une société démocratique. On peut même admirer le franc-parler de l’auteur qui propose un diagnostic intéressant du retard pris sur le développement dans un pays qui n’est que le Togo. Qu’on ne se leurre pas : le voile fictif posé sur le pays où a lieu l’action est trop transparent. Le chapitre trois, par exemple, propose l’ascension à peine masquée du feu Président Eyadéma.</p>
<p>Koffi Anyinefa – Juillet 2009</p>
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		<title>La Palmeraie de Roriba</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Jul 2009 01:51:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kanyinef</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[
Laklaba TALAKAENA
Lomé : Editions Akpagnon / ACCT, 1999
ISBN : 2-86427-056-0 &#8212; 187 pages
Dans ce roman posthume, Laklaba Talakaena (morte en 1996) raconte l’histoire de la courte vie de Sama. Cet orphelin, après avoir passé une enfance difficile, va lentement faire son chemin et devenir médecin dans le village de Roriba pour le plus grand bonheur de ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-485" title="talakaena_palmeraie" src="http://echosdutogo.haverford.edu/wp-content/uploads/2009/07/talakaena_palmeraie.jpg" alt="talakaena_palmeraie" width="100" height="147" /></p>
<p>Laklaba TALAKAENA<br />
Lomé : Editions Akpagnon / ACCT, 1999<br />
ISBN : 2-86427-056-0 &#8212; 187 pages</p>
<p>Dans ce roman posthume, Laklaba Talakaena (morte en 1996) raconte l’histoire de la courte vie de Sama. Cet orphelin, après avoir passé une enfance difficile, va lentement faire son chemin et devenir médecin dans le village de Roriba pour le plus grand bonheur de ses congénères. Mais Sama tombe dans l’embuscade que lui tend Kababa, l’ancien chef du village, qui le tue. C’est que Sama était parvenu à arracher à celui-ci, qui l’avait usurpée, la palmeraie de son père défunt. Kababa purge une longue peine de prison. A sa sortie, il demande grâce au jeune homme désormais très puissant dans le village qui la lui accorde. Mais ceci n’était que pour endormir ce dernier afin de consommer sa vengeance. Kababa meurt à son tour, tué par sa maîtresse qui a bien voulu se faire complice de son meurtre. Celle-ci se donne la mort après son forfait.</p>
<p>C’est donc sur une note assez triste que se termine ce roman. Quel sera l’avenir du Centre médical construit par Sana en partie avec les revenus de la palmeraie ?</p>
<p>Sur fond d’intrigues, de pratiques fétichistes et de mort par empoisonnement, Talakaena aborde des questions universelles : bassesses humaines naissant de la convoitise des biens d’autrui, marginalisation sociale et mauvais traitements réservés aux orphelins, méchanceté, bonté. Dans ce texte parsemé de nombreuses citations de la Bible, il y a donc autant de vils personnages que de bons. Contre vents et marées, contre Kabaka, l’incarnation du Mal, le jeune Sama a pu socialement réussir non seulement grâce à sa propre persévérance mais aussi grâce au soutien de quelques bons samaritains (parents, tuteurs, administrateurs, enseignants et religieux). Le Bien est une force positive – comme on peut le voir dans la réussite de Sama – dans ce roman. Mais le Mal semblerait l’emporter dans la fin tragique du héros, même si elle est suivie par celle de son meurtrier.</p>
<p><em>La Palmeraie de Roriba</em> a reçu le Prix France-Togo en 1993. Il a probablement fallu que cette année-là la moisson de textes soumis dans la course pour ce prix fut mauvaise pour qu’il revînt à ce texte. Soyons francs. La littérarité de ce texte laisse à désirer. L’écriture en est plate, souvent peu inspirée et trop proche du registre oral, familier. L’intrigue proposée plus haut promettait un certain suspense, mais l’auteur n’atteint quelque peu celui-ci que dans les dernières pages lors de l’épisode du meurtre de Sama. Un bon quart du roman est dédié à la relation amoureuse platonique entre Sama et Lova à travers un échange épistolaire. Mais on a du mal à trouver ce qui la lie à l’intrigue générale autour de la palmeraie. Enfin, déplorons toutes les coquilles et les incorrections de langue qui se sont glissées dans le texte. Il aurait fallu une correction plus méticuleuse du manuscrit pour que le texte fût mieux poli.</p>
<p>Koffi Anyinefa – Juillet 2009</p>
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		<title>Une Vie de chiens</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Jun 2009 14:45:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kanyinef</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[
Sassou Comlan KOUSSOUGBO
Editions Bénévent, 2007
ISBN : 978-2-7563-0446-5 – 118 pages


 En choisissant un tel titre pour son texte, Koussougbo, comptait placer la partie de sa vie racontée dans ce texte sous le signe d’une profonde détresse physique, psychologique et matérielle : son enfance difficile passée dans un foyer polygame ; son éducation rigoureuse et martiale sous la férule [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-473" title="koussogbo" src="http://echosdutogo.haverford.edu/wp-content/uploads/2009/06/koussogbo.gif" alt="koussogbo" width="100" height="112" /><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Sassou Comlan KOUSSOUGBO<br />
Editions Bénévent, 2007<br />
ISBN : 978-2-7563-0446-5 – 118 pages</p>
<p></span>
</p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> En choisissant un tel titre pour son texte, Koussougbo, comptait placer la partie de sa vie racontée dans ce texte sous le signe d’une profonde détresse physique, psychologique et matérielle : son enfance difficile passée dans un foyer polygame ; son éducation rigoureuse et martiale sous la férule d’un père sévère ; son maltraitement, au lendemain de la mort précoce du père, par des marâtres sans coeur et différents tuteurs, parmi lesquels ses propres frères aînés. Lorsque, jeune homme, il vole finalement de ses propres ailes, son militantisme dans l’opposition politique le conduira en prison puis en exil en Allemagne. Il est déporté au pays lorsque sa demande de l’asile politique est rejetée. Dans les dernières pages du témoignage, l’auteur embarque sur un bateau commercial en tant que mécanicien pour un nouvel exil – probablement celui-là qui l’a conduit en Italie où il vit actuellement.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Ce texte est qualifié de témoignage et il s’agit en effet du témoignage d’une vie. Si le témoignage littéraire est, en général, le récit d’une vie particulière, je ne suis pas sûr que Koussougbo ait bien réussi à illustrer ici la particularité de la sienne.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Son enfance difficile, non qu’elle soit inintéressante en soi, mais racontée de façon si détachée – Koussougbo le dit lui-même : « En pensant aujourd’hui, plus de trente années après, à ce moment crucial de ma vie, j’ai l’impression de ne pas être concerné. Je revois seulement de loin le petit garçon que j’étais alors, comme si je visionnais un film dont je ne serais pas le protagoniste. » (8) – et prosaïque, parvient difficilement à susciter de la compassion. En fait, on a même l’impression que cette enfance est plutôt banale, étant en effet celle de nombreux petits Togolais. Il aurait fallu à l’auteur une écriture beaucoup plus effective, un style plus engageant pour l’élever au rang sinon du singulier du moins à celui de l’empathique. Le maltraitement des enfants au Togo est un problème réel de société et de ce fait digne de l’attention des écrivains comme en témoignent d’ailleurs quelques textes de notre littérature (<em>Une Esclave moderne</em></span><span lang="FR"> d’Akofa, <em>Do They Hear You When You Cry</em></span><span lang="FR"> de Kassindja et <em>Journal d’une bonne</em></span><span lang="FR"> de Boutora-Takpa).</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Si son militantisme dans l’opposition constitue sans aucun doute une dimension capitale de la vie de l’auteur au pays, on regrette cependant qu’il soit sous-traité. Il aurait été fort intéressant de le voir donner plus de détails sur ce militantisme. Par exemple, il ne dit jamais dans quel parti il a milité et quelle a été la nature véritable de son engagement. On sait qu’il a été fait prisonnier pour avoir chercher à mener une enquête sur la disparition de camarades de lutte. Mais pas plus.<span>  </span>Est-ce par crainte de représailles quelconques que l’auteur a préféré s’auto-censurer ? C’est dommage. Un témoignage plus détaillé sur la lutte de l’opposition politique au Togo sous Eyadéma au tournant du nouveau millénaire telle que l’a vécue l’auteur aurait été d’une très grande valeur. Au lieu de cela, l’auteur nous donne un précis de l’histoire du Togo, puis brosse rapidement la répression politique sous Eyadéma.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Par contre, les déboires du demandeur de l’asile politique constituent un témoignage intéressant et à cet égard <em>Une Vie de chiens </em></span><span lang="FR"><span> </span>peut rappeler <em>Le Médicament</em></span><span lang="FR"> de Zinsou, dédié exclusivement aux milieux des demandeurs d’asile en Allemagne. Le racisme mesquin, les rouages compliqués de la bureaucratie allemande et l’humiliation quotidienne qu’affronte Koussougbo sont assez bien décrits pour décourager les candidats à l’asile et illustrent le mieux la condition animale suggérée par le titre du texte.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Koussougbo a voulu écrire un témoignage sur une « vie de chiens », « une vie qui n’a pas été facile. » (6) Il ne fait pas de doute qu’elle a été difficile. Il a plusieurs fois pensé au suicide pour y mettre fin, surtout pendant son séjour allemand. Cependant, son endurance résultant de l’éducation martiale reçue et son instinct de survie face à tous les déboires de la vie ont toujours été plus forts. Ceci dit, il aurait fallu à l’auteur non seulement, comme je le disais ci-dessus, une écriture plus efficace mais aussi une composition plus rigoureuse et dramatique pour conjurer la difficulté de cette vie.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Koffi Anyinefa – Juin 2009</span></p>
<p><!--EndFragment--></p>
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		<title>Port-Mélo</title>
		<link>http://echosdutogo.haverford.edu/articles/461</link>
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		<pubDate>Fri, 29 May 2009 14:58:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kanyinef</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[
Edem [Awumey]
Paris : Gallimard, 2006
ISBN : 2-07-077413-9 &#8212; 179 pages

A Port-Mélo, la capitale du Port, un pays sur la côte ouest-africaine vivant sous la férule du Gommeur – bel euphémisme pour nommer un dictateur cruel –, le peuple survit avec les moyens du bord, vaquant à ses occupations quotidiennes entre le marché de la gare, la rue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-462" title="port-melo" src="http://echosdutogo.haverford.edu/wp-content/uploads/2009/05/port-melo.jpg" alt="port-melo" width="100" height="147" /><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Edem [Awumey]<br />
Paris : Gallimard, 2006<br />
ISBN : 2-07-077413-9 &#8212; 179 pages</span>
</p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">A Port-Mélo, la capitale du Port, un pays sur la côte ouest-africaine vivant sous la férule du Gommeur – bel euphémisme pour nommer un dictateur cruel –, le peuple survit avec les moyens du bord, vaquant à ses occupations quotidiennes entre le marché de la gare, la rue Z, et s’accommodant tant bien que mal de la disparition d’individus dont les corps déchiquetés sont plus tard retrouvés sur la plage, non loin du wharf vétuste et rouillé datant de l’époque coloniale allemande. <span> </span>C’est dans cet univers concentrationnaire qu’Edem campe ses personnages : Manuel, Mère Cori, Joséphine/Monie et Mélo. Chacun d’eux, à sa manière, mène son combat contre la dictature. Manuel, recherché par la police politique, note scrupuleusement dans un carnet le nom des ‘gommés’ par le pouvoir. Mère Cori, entre deux manifestations pacifiques terminant toujours mal pour les manifestants, interroge ses cauris pour prédire un avenir apparemment bouché et le sort qui sera réservé à Manuel. Joséphine/Monie fait le décompte des ‘gommés’. Et Mélo, le narrateur, amoureux de Joséphine, pris et relâché au lendemain de la manifestation qui commence le roman, tergiverse dans sa dénonciation de Manuel contre sa libération comme convenu avec Orphéus Bambara, le chef de la PJ.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Edem s’est vu décerner le Grand Prix Littéraire de l’Afrique noire pour ce roman en 2006 (après K. Efoui en 2002, K. Alem en 2003 et S. Tchak en 2004), probablement pas pour son choix de la violence politique comme sujet – celle-ci est devenue une thématique plutôt <span> </span>banale de la fiction africaine depuis la fin des années 60 – mais pour son écriture originale.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Le texte est organisé en petits chapitres, tableaux d’activités quotidiennes, apparemment indépendants auxquels les courtes séances de divination de Mère Cori les ouvrant et le décompte des morts de Joséphine les terminant donnent une certaine cohésion structurelle.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">On ne trouvera pas dans ce roman une narration traditionnelle. Les personnages sont délibérément élusifs. Qui sont-ils ? Ce serait plutôt une gageure que de vouloir reconstituer leur état-civil. Par exemple, Joséphine. Certes, surnommée ainsi par le narrateur en souvenir de Joséphine Baker, la danseuse Afro-américaine qui a séduit le Paris d’entre-guerre. Mais est-elle l’étudiante dont tombe amoureux Mélo ou Monie, la journaliste parisienne, fille de l’amant de jeunesse de Mère Cori que celle-ci croit mort au front en Alsace pendant la Deuxième Guerre Mondiale? Est-elle étudiante ou prostituée ? De Christophe Mélo, le narrateur à la première, on sait seulement qu’il est étudiant mais aussi vendeur de bibelots, ami de Manuel. Si on en sait un peu mieux sur Manuel, probablement le personnage le plus important, sa présence n’est qu’évoquée par les autres personnages : il a roulé sa bosse un peu partout en Afrique, mais aussi en Europe et dans les Caraïbes avant de revenir au pays se faire prêtre après une formation à Rome. Mais Manuel existe-t-il vraiment ? C’est ce qu’on ne peut pas dire avec certitude puisque les personnages eux-mêmes doutent parfois de son existence, même si toute l’’action’ du roman se limite à sa recherche par la PJ d’Orphéus Bambara. Ne serait-il qu’un complexe d’idées, celles de la persécution en général, de l’écrivain et de l’importance de son travail dans la préservation de la mémoire?</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">On aurait souhaité avoir des portraits moins rapides, impressionnistes. Mais la plénitude des corps et des esprits est-elle possible dans un univers aussi violent que celui de Port-Mélo ? L’écriture d’Edem est plus évocatrice que transparente. Ainsi, le cadre spatial du roman, circonscrit à quelques lieux symboliques, est suggéré en touches rapides, redondantes et puissantes : « Un lieu et un nom, le bidonville, ses odeurs de fumée et de pourri et ses cartons troués portent le nom des cireurs ; le Fumoir, ses jardins, ses piloris et ses camions nettoyeurs portent le nom de la milice ; la rue Z pour les douleurs et colères du présent ; le rond-point des Tirailleurs pour le mythe et l’histoire ; le maquis Tropicana pour une jeunesse qui noie sa peine dans la bière brune et les plans de fuite ; le reposoir du wharf pour Monie la danseuse et nos amours furtives, pour Orphée et le retour… Sur le carnet, écrire tout ce monde-là, les joies, les meurtres, les folies » (175).</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">On ne peut pas dire qu’il y ait une histoire véritable dans ce roman. Rien que quelques tableaux assez forts sur lesquels l’auteur revient incessamment comme pour ancrer en nous cette idée de blocage complet des corps aussi bien que des esprits à Port-Mélo, somme toute un enfer auquel il est difficile d’échapper. Ironiquement, Orphéus Bambara, loin d’être celui qui, comme dans le mythe bien connu, ira sortir sa bien-aimée de l’enfer, est bien celui qui le gère. S’exiler du pays est possible, mais ne paraît pas être la solution. Ceux qui ont quitté le Port aussi bien par le passé lointain que récemment, ne s’en sont pas mieux trouvés (esclavage, Deuxième Guerre Mondiale, par exemple). Les plus éclairés, comme Manuel, sont revenus pour contribuer à la construction du pays dans les conditions qu’on sait.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Le roman d’Edem est finalement assez pessimiste. Si le présent est un enfer, ni le passé ni le futur n’offrent d’alternatives possibles : Elmina, la ville natale de Mère Cori et du narrateur, avec son air de nécropole, n’est plus que le lieu d’une certaine nostalgie, un arrière-pays paré simplement du souvenir d’un âge d’or colonial. L’Afrique ancienne des cauris de Mère Cori est bien désuète, inutile. Les mythes positifs sont pervertis et l’espoir ne se présente que sous la forme d’un chien famélique nommé Espérance qui dispute aux enfants de la Rue Z les détritus d’un dépotoir tout proche.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Tout laisse croire cependant que l’écriture, en final de compte, se doit non seulement d’enregistrer les pages sombres de la vie et de l’Histoire, mais aussi de les exorciser et d’anticiper sur des moments heureux : planter des mots et attendre qu’ils fleurissent, comme le suggère le poète cubain Guillén à Manuel qui l’aurait connu au cours de son exil (174-175).</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Le texte d’Edem est plus riche que ne le suggère ce compte-rendu : l’évocation, à travers le journal de l’amant de jeunesse de Mère Cori, du Paris qui a vu l’émergence de la poésie de la Négritude ; les réminiscences<span>  </span>de l’histoire (la colonisation allemande par exemple) et de la géographie (Mélo, c’est Lomé en verlan ; le wharf, image iconique de la plage loméenne) togolaises ; l’hommage plus ou moins explicite à des musiciens (la Togolaise Bella Bellow, l’Afro-Américain Albert Ayler) ou à des écrivains (le poète cubain Nicolas Guillén, le théoricien français Barthes [la rue Z], le romancier guinéen Tierno Monénembo – dont l’auteur connaît bien l’oeuvre sur laquelle il a écrit sa thèse de doctorat). Mais c’est à son compatriote Kossi Efoui, cité en exergue au roman, qu’est réservé le plus grand hommage. Et en effet, on ne peut pas lire Edem sans penser à Efoui qui l&#8217;a précédé dans le refus de la narration traditionnelle.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Tous ces éléments, il faut le dire aussi, pas très bien cousus, <span> </span>portés par une écriture peu conventionnelle, risquent de confondre (et pourquoi pas ennuyer) maints lecteurs. Les plus tenaces découvriront cependant parsemées ici et là des phrases somptueuses donnant la mesure du travail sur la langue qui a guidé le projet de l’auteur : « Des arbres et un dépotoir occupent le champ, une école aussi, le savoir planté tel une tache incongrue au milieu du tapis de misère et de pourriture… » (14)</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> Koffi Anyinefa – Mai 2009</span></p>
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		<title>La Loi du bouc émissaire</title>
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		<pubDate>Fri, 15 May 2009 13:54:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kanyinef</dc:creator>
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Mensah HEMEDZO
Strasbourg : Association Plumes 2 Cœurs, 2007
ISBN : 978-2-9529219-1-6 – 172 pages

Monique Gauthier, chef du Rassemblement Populaire pour le Changement, rêve depuis une dizaine d’années de devenir la première femme présidente en France. Patiemment, la « Communauté », une secte religieuse satanique qu’elle dirige avec l’aide de personnalités importantes (avocats, juges et professeurs entre autres) de Strasbourg, infiltre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-450" title="hemedzo" src="http://echosdutogo.haverford.edu/wp-content/uploads/2009/05/hemedzo.jpg" alt="hemedzo" width="100" height="142" /><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Mensah HEMEDZO<br />
Strasbourg : Association Plumes 2 Cœurs, 2007<br />
ISBN : 978-2-9529219-1-6 – 172 pages</span>
</p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Monique Gauthier, chef du Rassemblement Populaire pour le Changement, rêve depuis une dizaine d’années de devenir la première femme présidente en France. Patiemment, la « Communauté », une secte religieuse satanique qu’elle dirige avec l’aide de personnalités importantes (avocats, juges et professeurs entre autres) de Strasbourg, infiltre toutes les institutions importantes de la ville, notamment la police et les medias. L’occasion va se présenter pour le groupe d’aller à la conquête de la présidence au lendemain des attentats de septembre 2001 aux Etats-Unis. La sécurité nationale étant devenue une question essentielle des campagnes électorales, Gauthier et ses acolytes en feront leur cheval de bataille principal, n’hésitant pas à provoquer eux-mêmes des incidents violents pour entretenir la psychose du terrorisme et faire mieux passer leur message électoral: une France puissante, militarisée, seule capable de protéger ses citoyens face au terrorisme étranger.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">C’est dans ce contexte de campagne présidentielle sur fond de hantise collective du terrorisme qu’arrive le colonel William Canada à Strasbourg. Il a fuit la République Démocratique de Bollowie, son pays, pour éviter la justice après avoir tué par mégarde le vicieux colonel Nérest , fils d’Oscar Yétouma, le dictateur qui dirige le pays. Celui-ci demande l’extradition de Canada. Cependant, la requête pose problème : William est bellowien<span>  </span>mais aussi américain. On décide alors « officiellement » de l’enlever et de le rapatrier en secret. Mais en réalité, il est désigné par la Communauté pour endosser un autre crime. A cet effet, l’un des deux policiers envoyés pour l’enlever, tue son collègue qui détenait des informations compromettantes pour la Communauté. C’est alors que William, aidé d’Aurélie, Hassan et Rolande, engage la lutte contre la Communauté et, méthodiquement, démantèle le groupe et met à nu ses actes criminels. En vainquant les membres de la Communauté, apôtres de l’Antéchrist, William et son groupe se font aussi le bras de Dieu (on notera un certain sous-texte chrétien dans le livre à travers la relation amoureuse entre William et Rolande) tout en sauvant la France de l’extrémisme de la droite politique. William ne sera pas extradié. Le Président lui propose même de diriger ses services de sécurité et il découvre son amour pour Aurélie. Tout se termine bien sauf qu’en cours de route Rolande meurt des tortures subies dans les geôles de la Communauté.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Le roman de Hemedzo s’inscrit dans la pure tradition policière avec ses assassins, ses coups de force, l’élimination de témoins, ses fonctionnaires corrompus, ses trafiquants de stupéfiants, sa violence spectaculaire, ses tortures sadiques, ses bons et méchants, ses gadgets de surveillance et autres armes sophistiquées à la James Bond, ses spécialistes de l’électronique, ses enjeux politico-idéologiques… et ses fins heureuses où le héros se retrouve dans les bras d’une ravissante femme après avoir mené à bien sa mission.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Hemedzo a su bien mener le suspense intrinsèque au genre par de nombreux rebondissements de l’intrigue. L’alternance fréquente des lieux et de l’action, si elle participe aussi de ce suspense, octroie en outre une facture cinématographique au texte. D’ailleurs, un des personnages du texte, Robert, qui se retrouve par hasard dans l’engrenage de l’histoire du côté de William et grand amateur de films hollywoodiens semble se croire en pleine fiction filmique même lorsqu’il frôle la mort. L’auteur reconnaît-il ainsi la pure fictionalité de certaines des situations  de son texte ? Je pense notamment aux contingences de la formation de l’équipe de choc que rassemble William autour de lui: Aurélie, la richissime touriste strasbourgeoise rencontrée cinq ans plus tôt à Bellowie et auprès de laquelle il trouve refuge à Strasbourg après son forfait ; Hassan, le jeune étudiant musulman d’origine maghrébine, ancien membre de gang rencontré par hasard qui procure au groupe son matériel de guerre; Rolande, la jeune Chinoise vivant illégalement en France, battue et exploitée et que William arrachera des griffes de son maître. La transformation de ces personnages ordinaires en membres de commando intrépide est plutôt invraisemblable.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Par contre, c’est bien une certaine réalité sociologique et politique qui sert de back-ground à cette histoire: la psychose terroriste après les attentats du 21 septembre et la montée des extrémises de droite. Enfin, ceux qui connaissent Strasbourg et sa région trouveront certainement dans ce roman une certaine couleur locale.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Je ne peux pas terminer ce compte-rendu de ce livre sans mentionner la noblesse de l’idée à la base de sa publication : c’est pour aider les habitants Nyogbo-Agbetiko à construire une école en matériaux durables que l’auteur et une association strasbourgeoise, <em>Plumes 2 Cœurs</em></span><span lang="FR"> ont mis sur pied le projet <em>Un livre pour une école </em></span><span lang="FR">: les bénéfices de la vente de ce roman iront intégralement à cette construction.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> Koffi Anyinefa – Mai 2009</span></p>
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		<title>Kétéyouli l’étudiant noir</title>
		<link>http://echosdutogo.haverford.edu/articles/keteyouli-l%e2%80%99etudiant-noir</link>
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		<pubDate>Tue, 14 Apr 2009 15:48:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kanyinef</dc:creator>
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Modeste d’ALMEIDA et Gilbert LACLE
Lomé : Editions de la Lagune, 1967 ( ?)

 
Dans cette pièce de théâtre, les deux auteurs, alors étudiants à l’Université de Lomé, posent avant tout la question du conflit entre la tradition et la modernité. Comme ils le déclarent dans l’avant-propos, leur but est de « contribuer à [la] transformation des esprits et à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Modeste d’ALMEIDA et Gilbert LACLE<br />
Lomé : Editions de la Lagune, 1967 ( ?)</span>
</p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Dans cette pièce de théâtre, les deux auteurs, alors étudiants à l’Université de Lomé, posent avant tout la question du conflit entre la tradition et la modernité. Comme ils le déclarent dans l’avant-propos, leur but est de « contribuer à [la] transformation des esprits et à la promotion de l’Afrique » dans le cadre d’un projet de<span>  </span>modernisation de la société.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Les dramaturges illustrent leurs idées en trois actes.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Dans le premier, Charles Kétéyouli qui vient d’obtenir son baccalauréat, réussit, avec l’aide de son père à l’esprit ouvert et contre le dessein de son oncle cupide et du féticheur corrompu du village, à s’envoler pour la France où il va poursuivre des études d’agronomie. Il laisse derrière lui Janine, une jeune femme que tout le monde considère sa fiancée.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Le séjour d’études en France constitue l’essentiel du deuxième acte. Ici, la question qui se pose est celle de l’influence, potentiellement néfaste, du séjour en Europe sur les Africains qui se laissent souvent séduire par la vie facile et moderne qu’on y peut mener … et aussi par ses femmes. Kétéyouli a rencontré en France Alice – qui n’est présente dans la pièce qu’à travers le discours des autres personnages. Il caresse l’idée de l’épouser et, avec l’aide des parents de celle-ci, s’installer confortablement en France. Il est fortement tenté par l’exil définitif mais n’écarte pas le retour au pays natal. Si Kétéyouli hésite entre rester en France et retourner au pays, deux de ses compatriotes, Yvon et Roger, défendent respectivement ces deux pôles du conflit de Kétéyouli. Roger, le révolutionnaire, comme il est appelé, aura la plus grande influence qui propose à Kétéyouli des vacances au pays, juste après l’obtention de diplôme d’ingénieur agronome.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Nous retrouvons donc les deux étudiants au pays dans le troisième acte. Kétéyouli retrouve Janine qui lui apprend que son père à elle veut la donner en mariage au plus offrant, en l’occurrence à un vieux commerçant polygame. Dans une sorte de miroir au premier acte, les mêmes forces rétrogrades que condamne la pièce sont mises à nu : le parasitisme des parents, le diktat des pères surtout en ce qui concerne le mariage des filles, la polygamie, les dots, le fétichisme etc… Yvon qui dénonçait tout ceci en France n’avait pas tort comme le constate Kétéyouli à ses dépens. Il n’a pas l’argent que demande en dot le père de Janine. Que vont faire les deux amoureux ? Fuir le village et aller faire leur vie en ville ? Arrive alors le chef du village pour dénouer la situation. Il lit publiquement les nouvelles lois sur le code familial récemment votées par le gouvernement : interdiction du mariage forcé, de la polygamie et de la dot. Les forces réactionnaires du village ont perdu. Kétéyouli et Janine se marient dans l’allégresse générale, et le rideau tombe sur la pièce. Adieu la France et Alice !</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">La pièce, sous-titrée <em>Le Drame des jeunes élites africaines</em></span><span lang="FR"> est thématiquement proche de nombreux textes qui ont fait du conflit entre tradition et modernité un des plus grands topoï du canon littéraire francophone africain. Mais il rappelle certainement beaucoup plus <em>Trois prétendants… un mari</em></span><span lang="FR"> (1963), une comédie du Camerounais Guillaume Oyono Mbia de par son genre mais aussi <em>Kocoumbo l’étudiant noir (1960)</em></span><span lang="FR">, roman de l’Ivoirien Aké Loba. Nous apprenons dans son avant-propos que sa première a eu lieu le 18 mars 1966 et qu’elle a connu un succès retentissant auprès du public. Ceci justifie probablement sa seconde édition, malheureusement non datée (tout laisse croire qu’elle est de 1967 ou peu après) qui a servi à ce compte-rendu.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">A lire cette pièce aujourd’hui, on s’imagine aisément tous les espoirs qu’ont suscité l’accession des pays africains à l’indépendance. Le modèle de modernité proposé ici paraissait alors facilement atteignable avec la prise en main des affaires nationales par<span>  </span>des gouvernements intègres supportés par une élite idéaliste. La confiance accordée au gouvernement dans la gestion des nouveaux Etats a dû être grande pour que son action soit proposée comme <em>deus ex machina</em></span><span lang="FR">, seule capable de débloquer la situation difficile du protagoniste. Aujourd’hui, on peut penser qu’elle était un peu excessive : ces gouvernements ont souvent déçu comme en témoignent nombre de romans paraissant déjà à la fin de la décennie des indépendances (on pense ici immanquablement aux <em>Soleils des indépendances</em></span><span lang="FR"> de l’Ivoirien Ahmadou Kourouma). Et la fuite des cerveaux que condamne la pièce est devenue plutôt un mal nécessaire vu la stagnation économique de nombre de pays africains.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"><br />
</span>
</p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Koffi Anyinefa – avril 2009</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">P.S. : Laclé et d’Almeida auraient composé en 1963 <em>L’Epreuve</em></span><span lang="FR">, une comédie inspirée de Molière. Quelqu’un parmi nos lecteurs et lectrices en connaîtrait-il/elle l’existence sous forme de texte ?</span></p>
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		<title>Icône urbaine</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Apr 2009 15:43:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kanyinef</dc:creator>
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Lauren EKUE
Paris : Anibwé, 2005
ISBN : 2-916121-02-1 –  157 pages 

 Flora d’Almeida travaille à l’ « Afro International », un magazine visant surtout le public ‘black’ parisien branché. Il n’y aurait pas eu meilleur journaliste pour couvrir la mode, le sport, la musique, bref tout ce qui puisse intéresser ce lectorat : Flora d’Almeida nage comme un poisson dans les eaux fortes de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"><strong><img class="alignleft size-full wp-image-401" title="ekue-icone1" src="http://echosdutogo.haverford.edu/wp-content/uploads/2009/04/ekue-icone1.jpg" alt="ekue-icone1" width="100" height="147" /></strong></span></p>
<p class="MsoNormal">Lauren EKUE<br />
Paris : Anibwé, 2005<br />
ISBN : 2-916121-02-1 –  157 pages 
</p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"><strong> <span style="font-weight: normal;">Flora d’Almeida travaille à l’ « Afro International », un magazine visant surtout le public ‘black’ parisien branché. Il n’y aurait pas eu meilleur journaliste pour couvrir la mode, le sport, la musique, bref tout ce qui puisse intéresser ce lectorat : Flora d’Almeida nage comme un poisson dans les eaux fortes de la culture afro-parisienne. Non seulement la connaît-elle intiment, mais sa profession lui permet aussi de se frotter souvent à ses stars et, occasionnellement à celles d’Outre-Atlantique de passage dans la capitale française.</span></strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Soirée dans une disco hip-hop; concerts hip-hop ; rencontres et flirts avec musiciens richissimes dans des hôtels cossus ; matches de basket-ball ; dîner chez un couple d’Afro-parisiens à la fortune suspecte (détournée des caisses de pays africains que servaient les pères politiciens); séjour de vacances au Togo natal ; routine professionnelle : voilà ce que raconte le texte de Lauren Ekué.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Le lecteur sera probablement d’abord frappé par l’ « emballage » du texte : une couverture évoquant plutôt une pochette de CD et les chapitres conçus comme des morceaux musicaux. Bref, ce texte nous est proposé comme un recueil de vignettes thématiques plus ou moins indépendantes, mais présentées comme un tout que cimentent la chronique des journées passées au journal et celle des amours de la protagoniste et narratrice.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Pour le lecteur d’un certain âge, ce texte semblera quelque peu étranger dans ses nombreuses références à la culture populaire contemporaine (française comme américaine). Il vaut mieux être « branché » pour l’apprécier à sa juste valeur. C’est dire qu’il viserait un public assez bien circonscrit. Mais c’est en même temps ce qui fonde son originalité et peut séduire tout comme le ton délibérément assuré, la langue argotique (anglicismes, verlan) des cités de la banlieue parisienne dont est issue Flora: « J’ai du talent, plus qu’il n’en faut. Je me refuse à cous convaincre. Bon gré, mal gré, vous finirez par vous en apercevoir. Ma suffisance, mon aplomb vous agacent ? Quel dommage ! […] Vos nerfs sont à vif, vous pensez tourner la page pour en finir une fois pour toute. Mission impossible, mon insolence vous domine et vous retient. » (9-10).</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Flora connaît bien donc ces milieux branchés de Paris : elle y vit et travaille. Cependant, elle en est très critique surtout en ce qui concerne la culture hip-hop. Après avoir passé une nuit dans une boîte hip-hop, elle dit : « J’analyse ma soirée, un lendemain qui déchante encore. Un monde qui n’évolue pas. Rien ne change. Les Noirs chantent, dansent, lancent des modes, font la fête, baisent et créent l’événement. Mais la pauvreté risque de nous rattraper dès que la vieillesse pointera son nez. » (17). Ainsi, elle pose aussi la question importante de l’image de la jeunesse noire contemporaine identifiée et s’identifiant elle-même à travers la culture hip-hop : « De Paris à New York en passant par Londres ou Rio, les courants musicaux forgent notre réputation de fêtards. La télé nous enferme dans une certaine identité. Je ne m’étonne plus de ressembler aux chimériques demoiselles des vidéos musicales. J’ai pourtant cherché ces filles partout. Alors que je suis déjà prise entre deux continents, j’ai la culture musicale noire américaine qui dégouline de mes oreilles. Je me demande qui je suis. Notre image a si peu évolué, clichés sur clichés, nous demeurons les amuseurs de service. » (18). La critique socio-politique se fait acerbe de façon ponctuelle dans le texte. Ainsi sont abordés les problèmes d’insertion sociale auxquels font face les jeunes des banlieues issues de l’immigration ou dénoncées les exactions du régime Eyadéma lors de vacances de la narratrice au pays natal.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Mais, on peut lire ce texte aussi comme un roman d’amour : à la fin, Flora épouse le rédacteur en chef du magazine et fils de son fondateur, Michael Aaron, un Afro-américain, après avoir connu de nombreux déboires amoureux. Elle sera promue rédactrice en chef-adjoint et, comme son nouveau mari, rejetant la culture hip-hop, adopte l’afro et les vêtements en cuir popularisés par les Black Panthers. Mais ce n’est pas sans appréhension qu’elle envisage l’avenir de la tradition révolutionnaire de ces militants noirs des années 60. Dans un rêve à la fin du texte, Flora s’imagine grand-mère, entourée de petits-enfants riches ayant oublié les luttes de leurs aïeux et se comportant comme leurs pairs blancs de la classe dominante et ayant « altéré son sang à elle » (156) en épousant des blondes, des brunes, des rousses. Il y a comme un goût aigre-doux à l’histoire de Flora. Sa réussite sociale personnelle semble en même temps avoir pour de bon compromis les fondements identitaires de sa personnalité. Il lui faudra certainement repenser son identité à la lumière des faits contingents de sa vie.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Koffi Anyinefa – Avril 2009<br />
</span></p>
<p><!--EndFragment--></p>
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		<title>Chemins de croix</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Feb 2009 16:48:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kanyinef</dc:creator>
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Kangni ALEM
Paris : Ndzé, 2005
ISBN: 2-911464-25-7 – 63 pages

Deux étudiants, Amouro et Amel Kanye, sont en prison pour avoir distribué des tracts réclamant pour les étudiants « une meilleure répartition des bourses. Sans tenir compte de [leur] ethnie. L’amélioration des conditions de transport et de restauration. La création d’emplois, la liberté d’expression, la libération des étudiants enfermés [...]]]></description>
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<p class="MsoNormal"><span lang="FR"><img class="alignleft size-full wp-image-392" title="chemins" src="http://echosdutogo.haverford.edu/wp-content/uploads/2009/02/chemins.jpg" alt="chemins" width="100" height="158" /></span></p>
<p class="MsoNormal">Kangni ALEM<br />
Paris : Ndzé, 2005<br />
ISBN: 2-911464-25-7 – 63 pages
</p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Deux étudiants, Amouro et Amel Kanye, sont en prison pour avoir distribué des tracts réclamant pour les étudiants « une meilleure répartition des bourses. Sans tenir compte de [leur] ethnie. L’amélioration des conditions de transport et de restauration. La création d’emplois, la liberté d’expression, la libération des étudiants enfermés dans les prisons de l’Empire. » (14). Le tête-à-tête entre les deux jeunes gens (interrompu par l’intervention du gardien de prison, de l’Aumônier, Lucette, la petite amie d’Amouro) offre à Alem l’occasion de réfléchir sur les chance de l’idéal révolutionnaire face à une réalité existentielle : comment rêver de changer positivement le pays lorsque de tous les côtés surgissent surtout tentations matérielles et affectives ?</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Amouro incarne l’idéal du révolutionnaire pur, celui-là qui ne se pose pas de questions en ce qui concerne son engagement, qui ne sait/veut « parler qu’avec son cœur. » (10). Amel, lui, fils-à-papa et frère ethnique de l’Empereur (et de ce fait profitant du favoritisme ethnique de rigueur dans le pays) compose beaucoup plus avec la dimension matérielle de la vie et reconnaît qu’il « arrive à tout homme de sentir dans sa chair la peur, la souffrance, la faim, le froid et la soif » (10-11).</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Il serait cependant trop simple de caractériser ainsi les deux protagonistes. Amouro « parle » aussi parfois avec sa chair et oublie son idéal,en exprimant par exemple sa haine pour les membres de l’ethnie du président. Il s’en excuse lorsque Alem le lui fait comprendre. Pareillement, Alem sait parler aussi avec son cœur, ou du moins y aspire. Les deux jeunes gens font front commun à l’Aumônier, un ancien opposant rentré dans les rangs, venu leur proposer la liberté en échange de la trahison de leurs camarades dont ils devraient fournir l’identité. A deux, ils profitent de l’occasion pour dénoncer les exactions du régime et pousser l’Aumônier à expliquer son propre retournement. Amel va cependant accepter le pacte lorsque l’Aumônier lui remet une lettre qui lui apprend l’arrestation de ses frère et sœur. Amouro est désormais tout seul dans sa cellule. Un peu plus tard, Lucette, sa petite amie, arrive pour le convaincre de dénoncer ses camarades. Il refuse. La voix du speaker annonce la fin de la grève estudiantine et la reprise des cours – et aussi la fin de la pièce : « Tu vois, ça n’a plus de sens, Amouro. Le drame est fini […] Ton rôle est terminé ! Donne-lui [à l’Aumônier] des noms et partons ! » (61)</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Par ce petit artifice habile, Alem nous rappelle que nous sommes bien au théâtre qui, même lorsqu’il tend à imiter la réalité, n’est après tout que fiction, espace discursif de possibilités et de rêves entre les mains du dramaturge. L’écrivain dont des extraits du journal posthume constitue la pièce – double d’Alem qui du reste a prêté son nom à Amel Kanye – intervient ici pour décider de la mort d’Amouro non sans la protestation de celui-ci. Et en effet, Amouro est fusillé. Est-ce par les « vaillants militaires » de l’Empire comme l’annonce le speaker ou par la volonté de l’écrivain ? Peu importe. L’essentiel est que Amouro est mort. Il n’a pas trahi son idéal révolutionnaire et sa mort ne passe pas inaperçue comme il le craignait.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR">Voici une pièce qui, en trois séquences ou actes, illustre éloquemment les difficultés de l’engagement politique estudiantin dans un pays africain – qui n’est pas sans rappeler le Togo – de la fin des années 80 étouffant sous la dictature, mais reconnaît en même temps le potentiel révolutionnaire et les limites de la littérature.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR"> Koffi Anyinefa – Février 2009</span></p>
<p><!--EndFragment--></p>
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		<title>L&#8217;Equilibriste</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Feb 2009 17:42:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>kanyinef</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Victor ALADJI
Yaoundé: Editions Clé, 1972
52 pages
C&#8217;est sur fond de désillusions post-coloniales que ce déroule ce texte de Victor Aladji. L&#8217;indépendance (&#8217;Ablodé&#8217;) pour laquelle ont lutté Koumi et ses amis, notamment Freddy, n&#8217;a pas apporté les changements escomptés: &#8220;L&#8217;indépendance, n&#8217;était-ce pas, après tout, ce noircissement de l&#8217;administration avec la conservation par-ci, par-là, de quelques taches blanches [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-224" href="http://echosdutogo.haverford.edu/articles/lequilibriste/attachment/equilibriste211"><img class="alignleft size-medium wp-image-224" title="equilibriste211" src="http://echosdutogo.haverford.edu/wp-content/uploads/2009/02/equilibriste211-200x289.jpg" alt="equilibriste211" width="200" height="289" /></a></p>
<p>Victor ALADJI<br />
Yaoundé: Editions Clé, 1972<br />
52 pages</p>
<p>C&#8217;est sur fond de désillusions post-coloniales que ce déroule ce texte de Victor Aladji. L&#8217;indépendance (&#8217;Ablodé&#8217;) pour laquelle ont lutté Koumi et ses amis, notamment Freddy, n&#8217;a pas apporté les changements escomptés: &#8220;L&#8217;indépendance, n&#8217;était-ce pas, après tout, ce noircissement de l&#8217;administration avec la conservation par-ci, par-là, de quelques taches blanches sans doute en guise de décoration?&#8221; (39), se demande un personnage.</p>
<p>Koumi, après s&#8217;être engagé dans la milice du Togo indépendant, s&#8217;est reconverti en une sorte de Robin des Bois, volant les riches et les puissants pour compenser sa désillusion des indépendances. A la fin du texte, on le retrouve à Tengodogo, en Haute-Volta (aujourd&#8217;hui Burkina Faso) où il s&#8217;est planqué après un dernier coup.<br />
Un Robin des Bois togolais, un Arsène Lupin togolais? Peut-être. Mais Koumi ne distribue pas ce qu&#8217;il prend aux riches. Ses activités de hors-la-loi ont peut-être  caractère de subversion ou d&#8217;opposition politique &#8212; peut-être parce que Aladji suggère parfois beaucoup plus qu&#8217;il n&#8217;élabore: &#8220;J&#8217;ai repris la lutte politique que je n&#8217;avais en fait toujours pas abandonnée. J&#8217;appartiens à une organisation secrète qui a des buts nobles&#8221; (51-52), écrit-il depuis Tengodogo à Freddy qui est en prison pour lui avoir facilité son coup. Quels sont ces buts politiques nobles? On n&#8217;en sait rien. Tout ce qu&#8217;on sait, c&#8217;est que Koumi et Freddy ont été des militants nationalistes et ont contribué à délivrer le pays de l&#8217;oppression coloniale. Mais précisément comment? C&#8217;est ce qu&#8217;on n&#8217;apprend pas non plus.<br />
S&#8217;il faut caractériser génériquement ce texte, il faut convenir que ce n&#8217;est pas une nouvelle parce qu&#8217;abordant trop de sujet sà la fois, même si le personnage de Koumi sert de fil unificateur à Aladji. Il ressemble beaucoup plus à un roman à peine ébauché en une cinquantaine de pages.</p>
<p>Koffi Anyinefa &#8212; Février 2009</p>
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