Victor ALADJI
Yaoundé: Editions Clé, 1972
52 pages
C’est sur fond de désillusions post-coloniales que ce déroule ce texte de Victor Aladji. L’indépendance (’Ablodé’) pour laquelle ont lutté Koumi et ses amis, notamment Freddy, n’a pas apporté les changements escomptés: “L’indépendance, n’était-ce pas, après tout, ce noircissement de l’administration avec la conservation par-ci, par-là, de quelques taches blanches sans doute en guise de décoration?” (39), se demande un personnage.
Koumi, après s’être engagé dans la milice du Togo indépendant, s’est reconverti en une sorte de Robin des Bois, volant les riches et les puissants pour compenser sa désillusion des indépendances. A la fin du texte, on le retrouve à Tengodogo, en Haute-Volta (aujourd’hui Burkina Faso) où il s’est planqué après un dernier coup.
Un Robin des Bois togolais, un Arsène Lupin togolais? Peut-être. Mais Koumi ne distribue pas ce qu’il prend aux riches. Ses activités de hors-la-loi ont peut-être caractère de subversion ou d’opposition politique — peut-être parce que Aladji suggère parfois beaucoup plus qu’il n’élabore: “J’ai repris la lutte politique que je n’avais en fait toujours pas abandonnée. J’appartiens à une organisation secrète qui a des buts nobles” (51-52), écrit-il depuis Tengodogo à Freddy qui est en prison pour lui avoir facilité son coup. Quels sont ces buts politiques nobles? On n’en sait rien. Tout ce qu’on sait, c’est que Koumi et Freddy ont été des militants nationalistes et ont contribué à délivrer le pays de l’oppression coloniale. Mais précisément comment? C’est ce qu’on n’apprend pas non plus.
S’il faut caractériser génériquement ce texte, il faut convenir que ce n’est pas une nouvelle parce qu’abordant trop de sujet sà la fois, même si le personnage de Koumi sert de fil unificateur à Aladji. Il ressemble beaucoup plus à un roman à peine ébauché en une cinquantaine de pages.
Koffi Anyinefa — Février 2009
